13/11/16 – La soif d’apprendre

« Mais dès lors que l’on parle de leur métier, des patients qu’ils rencontreront, une petite lueur se met à briller dans leurs yeux. »

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Je rentre d’un weekend de travail intéressant. Dans le cadre de leur formation, mes étudiants sont appelés à assurer une permanence de soins ostéopathiques sur une compétition de badminton s’étalant sur trois jours. Je serai de corvée samedi et dimanche. A ma belle surprise l’ambiance entre eux est très saine, détendue et sérieuse, malgré leur obligation à s’adonner à leur métier en plein break de trois jours.

Les patients affluent toujours par vagues. Ca tombe bien, entre deux d’entre elles j’aime les faire travailler sur des sujets précis : les douleurs neurologiques, l’anatomie, quelques cas cliniques, etc. Je me suis aperçu d’une chose aujourd’hui qui me touche particulièrement. Les démonstrations magistrales semblent les ennuyer profondément. Mais dès lors que l’on parle de leur métier, des patients qu’ils rencontreront, une petite lueur se met à briller dans leurs yeux.

Ce soir, je leur ai parlé de pédiatrie. De prise en charge de nourrissons. Et devinez quoi ? Quand on les traite comme des adultes, des confrères, on capte totalement leur attention.

Ca me fait me questionner grandement sur la façon d’enseigner. J’essaie toujours de bien faire, de donner un maximum d’informations à un élève suite à une séance, mais peut être que ce n’est pas de ça qu’il voudrait que je parle. Peut être a-t-il envie que je lui parle de son métier, de mon expérience, des répercussions concrètes de ses erreurs sur sa future vie professionnelle.

C’est toujours un dilemme. Les considérer comme des égaux alors qu’ils ont encore besoin d’être pris en charge scolairement ? Ou les considérer comme des demandeurs de connaissance en négligeant le fait qu’ils seront professionnels bien assez tôt ? La limite entre les deux et fine et je peine un peu à la trouver. Ils ont encore besoin d’être maternés, qu’on leur rappelle qu’on est fier d’eux, qu’ils travaillent bien, qu’ils vivront de leur métier. Mais je sens en eux une énorme indépendance qui grimpe en flèche.

Je crois tout simplement qu’ils sont en pleine mue, et qu’ils quittent petit à petit leur adolescence. Ca nous réserve quelques moments de crise encore, mais que c’est agréable de les voir grandir avec une véritable soif d’apprendre. J’ai le sourire.

Stéphane Vandendriessche – Ostéopathe D.O.

Auteur : Stéphane Vandaine

Entre deux consultations, après une longue journée à donner cours, ou entre deux séances de cinéma ou de théâtre, les quelques maux d'un ostéo, entre rires et émotions. Récit d'un quotidien d'une terrible banalité, recelant de la beauté de l'anonymat de mes patients et étudiants.

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