L’effet miroir

« Il me dit se méfier de tout le monde, avoir du mal à développer plusieurs amitiés à la fois, se satisfaire de journées entières enfermées à lire toute la journée, et d’une ou deux sorties par mois avec les deux ou trois personnes qui comptent réellement pour lui. C’est à ce moment-là que ça me frappe et me blesse profondément : ce patient, c’est moi. »

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Ce jeudi, je reçois au cabinet un jeune homme de 29 ans, peu sûr de lui au moment de prendre RDV au téléphone. Il me fait répéter plusieurs fois l’heure et le lieu de sa séance, puis me demande confirmation à plusieurs reprises par SMS. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en le rencontrant, mais je craignais un patient prêt à me prendre beaucoup d’énergie. Il n’en fut rien, et je regrette amèrement d’avoir parfois des pensées préconçues sur les personnes que je rencontre, et qui s’avèrent souvent bien plus intéressantes qu’il n’y paraîtrait au premier abord.

Dès son arrivée, je remarque que quelque chose ne va pas. Il se déplace les épaules enroulées vers l’avant, et évite soigneusement mon regard. Lors de la poignée de main, il ne prend même pas la peine de serrer, se contentant machinalement de répéter le geste. Lors de son anamnèse, il me parle de sept zones douloureuses bien distinctes, et me demande de tout vérifier pendant le soin, insistant particulièrement sur ce point. C’est un garçon assez beau, élancé, très réservé, qui a arrêté ses études à des moments cruciaux. Etudiant en sociologie jusqu’au M1, s’étant frotté aux études de philosophie et de psychologie pendant quelques mois, il vit actuellement chez ses parents, et se demande quoi faire de sa vie. Ses réponses à mes questions sont courtes, assez précises, sans aucune fioriture, à tel point que je me suis dit qu’exceptionnellement, peut-être il ne fallait pas que je lui parle trop pendant que je le manipule.

Malgré cela, le naturel revient au galop, et je ne peux pas m’empêcher d’évoquer avec lui des sujets qui me paraissent fondamentaux. La qualité de son sommeil, son appétit, ses passions, ses angoisses. Sans surprise, il me révèle traverser un état dépressif très violent depuis plusieurs années, mais s’interdit toute prise en charge médicale contre ses symptômes. Il semblerait que le mal soit de toute façon assez profond. L’anxiété qui le lacère trouve des origines complexes, issues d’un mélange entre le dégoût et la peur de l’humanité, et la peur panique de ne plus pouvoir en faire partie. Il me dit se méfier de tout le monde, avoir du mal à développer plusieurs amitiés à la fois, se satisfaire de journées entières enfermées à lire toute la journée, et d’une ou deux sorties par mois avec les deux ou trois personnes qui comptent réellement pour lui. C’est à ce moment-là que ça me frappe et me blesse profondément : ce patient, c’est moi.

A partir de ce moment, tout prend une tournure compliquée. Je me sens mal à l’aise, et au fur et à mesure qu’il prend confiance à mon contact et s’autorise à me révéler de plus en plus de choses, c’est moi qui me renferme petit à petit. Je me revois, il y a quelques mois de ça, à lutter contre des états d’âme violents et déraisonnés, tout proche de l’isolement. Je me revois douter de moi, sentir que je me perds dans cette vie, et me demander si tout abandonner ne serait pas plus facile que de me battre. Le temps est long. Pourtant, je n’interromps pas la consultation, que je laisse même durer au-delà du nécessaire.

Pour soigner mon malaise, je décide de parler de nouveau, et de noter avec lui un certain nombre de points qui pourraient l’aider à sortir de cette mauvaise passe. Sortir est difficile pour lui ? Il pourrait s’ouvrir à ses amis proches pour les inciter à la retrouver chez lui. Son besoin de solitude est grand mais il se sent dépérir une fois enfermé toute une journée ? Pourquoi ne pas marcher quelques minutes tôt le matin ou tard le soir quand plus personne ne peuple les rues. Il ne se reconnaît plus dans son corps ? Changer son alimentation peut parfois s’avérer décisif, tant on a tendance à s’oublier dans la malbouffe. Des conseils évidents auxquels tout le monde pense, mais qui nous échappent totalement quand on est enlisés dans nos chagrins. Et je sais de quoi je parle.

Une fois de plus, je me sens confronté à ma plus grande difficulté : l’impossibilité de trouver la bonne distance entre mes patients et moi. L’envie surnaturelle de rassurer l’autre et de me comporter comme un ami à ses côtés. Oui, sans doute cela apporterait un réconfort, probablement passager uniquement. Alors, je ne déroge pas à mes règles et tente tant bien que mal de garder une posture assez distante. Il me semble, mais je peux me tromper, que c’est surtout d’un œil distant que les malades ont besoin qu’on les considère. Je le sais pertinemment, ce qui ne m’empêche pas, une fois encore, de douter de moi et de ma façon de procéder.

C’est terrible. La consultation se termine, il en ressort soulagé et le sourire aux lèvres, quand je me sens à l’opposé de tout ceci. A mon tour de m’enrouler sur moi-même, de me réfugier dans des morceaux d’opéra mélancoliques et douloureux, de rentrer en conduisant en silence, prenant le soin d’éviter les appels répétés d’un ami, et de me coucher le cœur un peu serré. La dépression, en vient-on jamais un jour à bout ? Probablement pas. Avec un peu de recul et ces quelques lignes, je réalise une fois encore combien nos relations avec nos patients peuvent être réparatrices. Combien ils nous aident à nous connaître nous-mêmes, quand on leur en laisse la possibilité. Être le gardien de ces personnes n’est absolument pas notre rôle. Mais la bienveillance thérapeutique que l’on dégage suffit parfois à changer beaucoup l’opinion que l’autre peut avoir de lui-même. De mon côté, tant que je trouve les réponses seul, je m’estime heureux. Mais il se pourrait bien qu’un jour, je sois celui-là, sur l’une de vos tables, renfermé sur lui-même, demandant qu’on l’aide à reprendre confiance en son existence.

Merci pour la lecture de ces quelques lignes.

Stéphane Vandendriessche – Ostéopathe D.O.

21/11/16 – Maternité impossible

« Dans quelle société misogyne considère-t-on que le bébé n’est pas le fruit de deux personnes, mais un sacrifice obligatoire de la femme à l’homme ? »

Avec l’accord d’un psychothérapeute travaillant en ville, je me permets de vous raconter l’histoire étonnante d’une sexagénaire venant me consulter depuis un an et demi. La première fois que je l’ai rencontrée au cabinet, celle-ci m’a fait part d’une demande étrange, l’aider à tomber enceinte. Il n’est pas rare que les gynécologues nous recommandent à des patients homme ou femme souffrant de troubles de la fertilité d’origine idiopathique ou anatomique. Étonné, je lui demande son âge à nouveau. Elle me le confirme, 62 ans. Je lui demande naturellement si elle est déjà ménopausée, elle me répond que oui. Un cours de physiologie s’impose.

Je lui explique qu’elle n’a aujourd’hui plus d’ovocyte de disponible, et que tomber enceinte est désormais impossible naturellement. Entonnement, tout ce que lui raconte, elle semble le savoir déjà. Face à ma surprise, elle me cite un article lu sur je ne sais quel site Internet malhonnête qui faisait l’état de femmes qui, passées 60 ans, parvenaient miraculeusement à tomber enceinte. J’ai beau lui expliquer que ces femmes partagent sans doute le point commun d’avoir connu une ménopause tardive, et que l’exemple n’est jamais la règle, mais rien à faire, elle n’en démord pas et requiert mon aide pour l’aider à tomber enceinte.

Je la prends en charge comme je prendrais en charge une jeune femme ou un jeune homme souffrant de troubles de fertilité. En travaillant les structures osseuses du bassin, et avec quelques manipulations viscérales. En revanche en fin de consultation, je lui impose d’aller voir un psychothérapeute et lui donne un nom au hasard dans l’annuaire (je n’avais jusque-là jamais collaboré avec eux dans mon nouveau cabinet). Je lui dis que je refuse de la revoir tant que sa thérapeute ne me confirme pas qu’ils aient bien travaillé ensemble.

Deux années ont passé depuis, et devinez, je la reçois de nouveau en fin de semaine dernière. J’appelle la psychologue qui m’explique qu’elle a fait beaucoup de chemin, qu’elles ont beaucoup travaillé ensemble sur la notion de maternité, etc… Pourtant, à 63 ans et désormais dix ans après sa ménopause, ma patiente me revient avec l’exacte même demande. L’aider à tomber enceinte. En en reparlant avec ma consœur, celle-ci semble surprise, et finit par me lâcher qu’elle est finalement toujours dans le déni, et se sent terriblement déçue des résultats de ses analyses. Elle terminera d’ailleurs notre conversation par un très dur « Parfois le déni est plus fort que tout », sorte de conclusion défaitiste qui a l’air de la marquer.

Je suis convaincu que cette histoire cache quelque chose, alors je creuse le plus possible. Il apparaît que ce désir maternel a toujours existé chez elle, mais qu’un cancer de l’utérus très jeune (35 ans) a rabattu totalement les cartes des plans de sa vie. En sautant quelques étapes, sachez qu’elle a connu trois rechutes, une vingtaine de chimiothérapie dans sa vie, et n’est considérée comme guérie que depuis une dizaine d’années tout au plus. La maladie l’a considérablement éloignée de sa vie amoureuse et sexuelle, par « honte de ne pas pouvoir offrir un enfant à un homme » comme elle me le rapporte.

Je commence à connaître la vie de ces habitants des campagnes. Et à réaliser certaines choses qui me sont douloureuses. Fonder une famille semble leur seule préoccupation, un devoir inconscient si fort qu’il n’est pas rare (j’use d’euphémisme) de rencontrer des jeunes filles mineures déjà maman. Un poids sociétal impossible à porter lorsque le corps vous impose de penser à vous en priorité avant de penser à offrir un bébé à un homme. Et cette formulation désastreuse ! Offrir un enfant à quelqu’un ? Dans quelle société misogyne considère-t-on que le bébé n’est pas le fruit de deux personnes, mais un sacrifice obligatoire de la femme à l’homme ? On croit rêver. Qu’on se comprenne, je suis convaincu que ma patiente est malade. Dans son corps mais aussi dans sa tête. Mais une partie de moi reste persuadé que la société dans laquelle elle baigne ne peut être que catalyseur de ce type de troubles psychiatriques.

Elle ne sera jamais maman. Et ça n’est, de façon neutre et détachée, nullement ni un drame, ni une erreur de vie. Cependant, pour elle, ça veut tant dire. Je ne sais pas si elle réalisera un jour qu’il lui faudra faire le deuil d’enfanter un jour, mais ce jour-là, nous, son équipe soignante, auront grand intérêt à être particulièrement présents et à son écoute.

Stéphane Vandendriessche – Ostéopathe D.O.

6/4/16 Peut-on soigner une femme voilée ?

« Réduire sa volonté de ne pas être touchée, à son identité religieuse, serait en quelque sorte renier son unicité »

J’ai une devinette pour vous. Quel est le point commun entre Mlle H., 34 ans, mère de 3 enfants, voilée, que je viens de recevoir au cabinet ce matin, S., un de mes patients réguliers de 21 ans, cycliste de haut niveau, et Mme S., patiente de plus de 80 ans, passionnée de jardinage ? La réponse est : la pudeur. Ces trois patients présentent une particularité commune, assez peu fréquente, de ne pas vouloir se déshabiller devant moi. J’ai reçu ce matin Mlle H. pour la seconde fois, venue cette fois-ci sans son mari. Et comme pour la première consultation que nous avons eue ensemble, elle m’a imposé un bien drôle de défi : ne pas pouvoir la déshabiller, ni lui toucher les parties du corps découvertes. Parmi elles, le visage, mais surtout, les mains. Un drôle de challenge…

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« Le médecin » de Fildes

Les réactions concernant l’article sur les perles du cabinet affluent, autant que pour l’article qui parlait de Cédric. Les avis sont favorables, les anecdotes ont eu l’air de toucher les gens, mais un point commun émane de vos réactions : ça vous a plu, mais vous préférez les histoires plus sérieuses, les résumés de mes consultations. Je comprends tout à fait, écrire sur ces sujets parfois graves est pour moi une vraie catharsis. Ce sont également les sujets que je préfère aborder. La consultation du jour, à défaut d’être exceptionnelle, présente le mérite de soulever la question de la pudeur et de la nudité lors d’une consultation médicale. Car s’il est communément admis que l’on se déshabille chez son praticien de santé, la réalité montre que certaines personnes sont encore réticentes à l’idée de nous dévoiler leur corps. Quand bien même leur corps est le sujet-même de leur venue. Quand bien même aucun soignant ne juge du physique de son patient. Quand bien même le regard posé est doux et sans jugement. La nudité. Un sujet si délicat à aborder, qui me paraît l’évidence même depuis des années, et qui mérite pourtant que beaucoup soit dit… Parlons-en ensemble.

Tout d’abord, exorcisons la question de la morale. Je ne suis pas un défenseur du voile, quel qu’il soit, et ne le serai probablement jamais. Dans ma vision gaucho-occidentale, il incarne tout ce qui m’effraie : la perte de liberté, le masculinisme, la misogynie, et peut être faudrait-il un jour que des femmes voilées m’expliquent leur motivation, afin que je change mon point de vue. La religion est selon moi affaire de l’intime, tout comme peut l’être la sexualité par exemple. Quand il s’agit de mon cabinet, en revanche, le jugement moral n’existe plus. Les patients qui franchissent le seuil de ma porte ont leur unicité, leurs particularités, que je ne juge jamais. Ainsi, quand une femme rentre voilée dans mon cabinet, je ne me sens aucunement offusquée. Mon local doit être un lieu de confiance, de liberté, où le malade a la possibilité de s’exprimer pleinement et tel qu’il est, sans se sentir jamais ni jugé, ni soumis, ni contraint par quelque règle que ce soit. Mais lorsque leur mode de vie peut entraver ma pratique, comment suis-je censé réagir ?

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« J’ai un point bonus si je me sens concerné ? »

C’est bien simple, le fait que l’on m’impose un tissu entre la main et le corps du patient me troublera toujours. Quand on consulte dans un cabinet d’ostéopathie, c’est a priori pour être touché. Pour être manipulé. Seulement, lorsque je simplifie l’équation à « cette femme a des obligations religieuses à être manipulée ou à se déshabiller », je pense être entièrement dans le faux. En effet, ce serait limiter ma patiente à ses conditions religieuse et culturelle. Comme s’il n’existait aucune autre raison de craindre le toucher.

Nous vivons dans une société où le contact est fréquent, voire omniprésent. Nous nous embrassons ou nous serrons la main quand nous nous rencontrons, avons une promiscuité contrainte dans les transports en commun, avons une sexualité libérée, usons et abusons de maximes populaires banalisant le toucher (être proche de quelqu’un, prendre une personne par la main, etc…), avons pour habitude sociale de nous entrelacer pour nous réconforter, etc… Cette omniprésence peut nous pousser à pêcher par égocentrisme, et considérer que toutes les cultures du Monde ressemblent à la nôtre. Qu’être en contact avec l’autre est chose naturelle. Ce serait se tromper.

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« Je peux aussi ramener une chaise ? »

Le contact physique, si simple et si naturel chez nous peut être perçu comme une intrusion chez l’autre. Mais les difficultés que certains d’entre nous rencontrent pour se laisser toucher peuvent être d’un ordre tout autre que celui de la simple habitude culturelle : victimes d’agressions physiques voire sexuelles, mauvais souvenirs liés à l’enfance, pudeur, nature introvertie, etc… Or qu’est-ce que je sais de ma patiente de plus, sinon qu’elle porte le voile ? Rien. Absolument rien. Mlle H. pourrait très bien avoir connu les traumatismes décrits ci-dessus, et réduire sa volonté de ne pas être touchée, à son identité religieuse, serait en quelque sorte renier son unicité. Et me laisser gouverner par mes préjugés.

Quant à la pudeur, il y a beaucoup à en dire. Dans un Monde où il faut être mince, pour ne pas dire maigre, où une femme doit être féminine et maquillée, épilée, bref, bien présentée pour les Hommes, les individus qui rejettent totalement leur corps sont malheureusement nombreux. Quand on ne s’accepte même pas soi-même, quand on ne se satisfait de son propre reflet dans un miroir, comment voulez-vous parvenir à présenter votre corps à un inconnu ? Un docteur certes, mais un inconnu avant tout. C’est d’une grande difficulté.

Alors si vous me demandez de choisir entre une patiente qui se sent en confiance et respectée, qui restera voilée durant sa consultation, perturbant donc mon toucher, mais saura se relâcher pendant les manipulations, et une patiente que je forcerai à se mettre en sous-vêtements pour faciliter ma pratique mais qui jamais n’aura assez confiance en moi pour se détendre au cours sa séance, je choisis bien entendu la première des deux. Parce que lorsque je suis au cabinet, je ne peux pas être Stéphane l’être humain. Je ne DOIS pas l’être. Je dois rester Stéphane le soignant, qui, comme tout soignant, doit se mettre au service de son patient, et rester vierge de tout jugement de valeur.

Il n’est pas question d’accepter tout et n’importe quoi, mais la pudeur ne doit pas être discutée. Ni remise en question. Les choix du patient, aussi absurdes puissent-ils parfois paraître, doivent être respectés, lorsqu’ils ne le mettent pas en danger. Et si après un discours pédagogique, sans paternalisme, il choisit de garder ses vêtements pour sa séance, quelle importance après tout ? Cela nous empêchera-t-il vraiment de mettre tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider à aller mieux ? Je ne le pense pas.

Enfin, les théories modernes semblent se mettre d’accord pour ne pas parler de corps et d’esprit, mais de corps-esprit comme une entité unique et indivisible. Refuser de respecter la façon dont l’autre vous présente son corps, c’est en quelque sorte refuser entièrement sa personne. Etablir un lien de confiance avec ses patients est une chose particulièrement compliquée. Les amener à prendre des décisions bénéfiques pour leur vie mais qui peuvent leur paraître contre-nature, c’est un travail fatigant. Mais comment construire une relation saine avec eux, si l’on ne commence pas par accepter leurs particularités, leurs caractères, leurs névroses, bref, ce qui fait qu’aucun d’entre eux ne ressemble à qui que ce soit d’autre ? C’est une mission impossible.

J’ai donc aujourd’hui soigné une femme sans jamais voir la couleur de sa peau, en évitant soigneusement de lui effleurer la main, et notre relation durant une heure fut particulièrement belle. Sourires, confidences, photos de ses enfants et de son village natal, j’ai eu le droit pendant quelques minutes d’entrer pleinement dans sa vie. Je me suis senti privilégié. Et alors que j’avais eu le droit à un « bonjour docteur » à son arrivée particulièrement cordial mais impersonnel, ses derniers mots ont sonné à mes oreilles comme un remerciement :

« Au revoir Stéphane. »